Rifette a écrit :
Je ne suis pas une littéraire mais je me lance.
Hommage à yemma hanou Fadma , ma grand mère paternel.
Petite, sec, rousse, les yeux verts, et les traditionnels tatouages sur le front et le menton; Elle avait le faciès de la pure rifaine; Je ne saurais dire l'âge qu'elle avait d’ailleurs elle ne le savait pas non plus ; elle avait l'énergie de la jeunesse malgré les rides sur son visage.
Elle est née, a grandie, s'est mariée et est décédée dans le même village perché en haut des montagnes d'egzenaya.
Une santé de fer. Un visage plein de bonté mais aussi assez sévère; Les marques du temps font que lorsque vous vieillissez et bien vous avez les rides de l'expression que vous avait le plus emprunter durant votre vie. Elle, elle avait les yeux rieurs et les sourcils épais qui lui donnaient cet air sévère.
Je ne connais rien de son enfance. Je débuterai donc par son premier mariage et oui elle a enterré deux maris; Les rifains mourraient jeune à l'époque.
Son premier mariage : elle se maria jeune et eu une première fille qui mourut à l'âge de 7 ans d'un accident de gaz (la mortalité enfantine était très importante dans ce temps). J’hériterai plus tard de son prénom. Ensuite naquit mon père.
Leur maison se réduisait à une chambre et aujourd'hui il y pousse à cet endroit des arbustes et il ne reste que les ruine des quatre murs.
Les ressources étant rare dans le rif, l'émigration des hommes était de fait nécessaire, mon grand père parti donc travailler en Algérie; Il envoyait l'argent pour la subsistance du foyer.
Durant ce temps elle se chargeait seule de l'éducation de mon père, de l'entretient de la maison ainsi que le travail de la terre (les amandes, les figues, les oliviers, les oignons et les pommes de terre rouges).
Les gens généreux et elle même très généreuse lui ont apportaient le soutient et l’aide nécessaire.
Mon grand père mourut en Algérie; Je ne saurai dire de quoi ou pourquoi. Veuve elle resta peut de temps, sollicité, elle se remaria donc avec le beau père de mon père. Un homme qui avait émigré en France et avait quelque peu dévié, on dit qu'il s'était marié avec une française (enfin marié rien d'officiel);
Il revient vivre dans le rif avec ma grand mère. Il construisit une maison plus spacieuse et avait beaucoup de terre.
Seulement cet homme était violent et il lui fit la misère. Elle subit donc les coups avec endurance et patience car on n'aurait pas compris que l'on souhaite se séparer d'un homme dit "aisé". Enfin les mentalités de l'époque ... De ce mariage elle aura deux garçons soit les deux demi frères de mon père.
Son deuxième mari mourut en laissant les trois enfants en bas âge.
Il y a des hommes que l'on pleure moins que d'autre. Suite à ce deuxième mariage elle décida de ne plus se remarier.
Elle éleva donc les trois garçons et bientôt ce fut autour de mon père d'émigrer vers l'Algérie;
Elle resta avec les deux autres enfants et mon père se chargeait d'envoyer le fameux mandat.
Ensuite mon père émigra en France et se maria au rif comme la plupart à l’époque..
Ma mère venu donc s'installer chez ma grand mère et les beaux frères firent de même ils se marièrent;
La maison était ainsi devenue ainsi trop petite.
Mon père construisit une maison mitoyenne et ma mère pu prendre un peu d'indépendance :).
En France mon père réussit à dégotter des contrats pour ces deux petits frères et il les fit rentrer à leur tour en France.
Au rif ils restaient les femmes et les enfants c'est à dire mes cousins, mes frères et mes sœurs. Autant dire que la grand mère était comblée.
Quelques années plus tard se fut le regroupement familiale pour mon père ; Ma mères, mes frères et mes sœurs débarquèrent en France. Là ya beaucoup à dire sur la découverte de l'occident par ses petits rifains...
Je naquis un ou deux ans après le regroupement et je fus sa première petite fille à ne pas naitre au village.
Quelques années encore plus tard ce fut le tour de mes cousins et tante de venir en france.
A partir de là yema hanou restait seul dans sa grande maison toute vide. Des femmes, cousines voisines venaient séjourner chez elle.
Chaque été c'était le débarquement de nos trois familles ; cousin, cousines nous passions les meilleurs vacances qu'ils soient.
Elle nous raconter les hajids le soir, nous envoyait promener les chèvres et ramenait l'eau du puits, elle nous organisait des pique-niques et nous laissait nous baigner (et laver) à tara.
Le matin elle préparait la fameuse zamita. Les enfants dormaient à la belle étoile dans le patio enfin bref chez yema hanou c'était total liberté pour les enfants et dieu sait que l'on était nombreux et qu’on ne manquait pas d'imagination.
A mes sept ans, elle mourut. Elle mourut de vieillesse dans son sommeil un vendredi durant nos grandes vacances scolaire. Nous l’enterrâmes et emalgré les bonbons que l’on nous distribuait au cimetière on savait que ce ne serait plus du tout pareil après…
Paix à son âme.
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